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  • sandrine clarac

Quand au détour d'une lecture, je trouve un passage exceptionnel sur la transmission

Dimanche 27 mars, sous le soleil de cette éblouissante journée de printemps, je termine avec gourmandise la lecture du dernier livre de Line Papin, Une vie possible. Déjà frappée par la maturité de cette jeune écrivaine qui, dans cette œuvre auto-fictionnelle, a su décrire à merveille les enjeux de la maternité et de la féminité, je m'extasie devant la liste des touches de vie qu'elle souhaiterait transmettre à son futur enfant.

Un inventaire à la Perec, si poétique, que je retranscris ci-dessous.


Et vous, qu'aimeriez-vous transmettre ?


« Ce que j’aimerais transmettre, c’est le matin qui se lève sur la savane sauvage, la brousse qui devient blanche au contact du jour, le réveil des oiseaux, des insectes, des fauves… Ce sont les arbres qui s’agitent doucement sous le vent, les fleurs qui poussent et fanent avec le temps. C’est une bête sauvage qui traverse une rivière, avec grâce, en silence ; un caméléon immobile, un enfant ébahi, un enfant à l’ombre d’une tonnelle.

{…}

Ce que j’aimerais transmettre, c’est la vie sur la Terre, et la vie ailleurs, les quatre saisons, les quatre coins du monde, les sculptures de Michel-Ange, les fontaines de Rome, les étés à danser sur la plage, les hivers à l’approche de Noël, c’est la poésie de vivre, l’architecture des jours et celle des monuments, l’architecture d’un arbre et de nos propres tracassements, c’est le doute et la joie, les livres et les peintures, les hommes et les femmes, la lune qui croît puis qui décroît, les étoiles à l’endroit, les étoiles à l’envers, la vue de la Terre depuis l’avion, l’amour à l’envers, l’amour à l’endroit, le sentiment de vivre, d’aimer et de rire… »

Une vie possible, Line Papin, Stock 2022

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